voyager un an en australie

LE JOUR OÙ J’AI DÉCIDÉ DE PARTIR VOYAGER UN AN EN AUSTRALIE…

Mercredi 22 janvier 2014, 10 h, aéroport Charles de Gaulle, Terminal 1. Me voilà toute seule avec ma valise, mon sac-à-dos et mon duvet accroché aux fesses. J’embarque dans 3 h. C’est quoi le programme ? Ah oui : partir voyager un an en Australie pour faire le tour du pays en van. J’ai 6 000 € en poche, des étoiles plein les yeux, une très grosse boule au ventre, et à peu près la même dans la gorge.

Je n’ai aucune idée de ce qui m’attend. Encore moins si je vais y arriver. Mais une chose est sûre, je suis prête… Parce qu’il faut le dire, ça fait 6 mois que je rame grave pour tout organiser alors peur ou pas, je VAIS Y ALLER dans ce P*** de pays !!!!!!!!!!!!!!!

voyager un an en australie

6 mois avant de partir voyager un an en Australie : Alice au pays des merveilles

Ma décision est prise, je pars en Australie ! Le pays propose un visa de 1 an : le Permis Vacances Travail (ou Working Holiday visa pour ceux qui taquinent grave l’anglais, comme moi, yeah okay !) ^^. J’ai besoin de faire un truc fou dans ma vie, histoire de ne rien regretter.
L’Australie semble la destination idéale. Ça parle anglais, il y fait chaud, on peut y bosser si besoin. Et dernier argument mais pas des moindres, d’autres l’ont fait avant moi, donc c’est tout de même rassurant !! C’est l’aventure, mais un peu déjà vue quand même. Pour une première, c’est parfait !
Accessoirement, en faisant une petite recherche Google Images, je découvre qu’il y a pas mal de paysages pas trop dégueu à voir. OK, ça sera l’Australie. Yahaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !

4 mois avant de partir voyager un an en Australie : le réveil d’Alice

J’ai à peu près épuré toutes les photos de Google Images, construit mon trajet en van sur des cartes imprimées en A3 couleur au boulot, noté quoi voir, où, quand, et surtout, SURTOUT, comment éviter l’hiver (et oui, c’est tellement grand qu’en jouant sur les saisons Nord-Sud, on peut jouer à cache-cache avec l’hiver). Jusque là tout va bien.

Et puis, au détour d’un article sur les nombreux sites d’infos pour organiser un voyage dans ce pays, je lis « 3 000 € de budget, pas suffisant », « au moins 5 000 € », « 6 00 0€ c’est parfait ». QUOI ? Parce qu’il faut de l’argent ??? On est pas dans le monde des Bisounours où il faut juste regarder de belles images, faire son petit baluchon en tissu Vichy et dire « Salut les copains ! » !? Ah ouais… Gloops…

voyager un an en australie

3 mois et 28 jours avant de partir voyager un an en Australie : un vieux doute

Bon, là, c’est THE moment difficile à gérer. Le moment où sur les 40 000 gars qui se préparent à aller en Australie chaque année, on en perd la moitié.
En plus du moment choc où je réalise que finalement, partir en Australie, cela ne va pas se faire tout seul, mon moi « sceptique » revient gonflé à bloc et me dit :

6 000 € ? Pfou, tu n’y arriveras jamais… Et en plus, tu oserais quitter ta famille et tes amis ? Pauvre petite sotte égoïste… Et puis, tu crois vraiment que tu vas y arriver, toi, dans le bush, sans tes 55 paires de chaussures ? Fais-moi rire, gourdasse…

Et là les loulous, se joue toute la différence entre celui qui VA ALLER en Australie et celui qui VA ABANDONNER à tout jamais. Fini, nada, adieu le bush.

Cette différence cruciale, selon moi, réside en un seul mot : l’ego.

Celui qui va abandonner va se dire : pfou, mon moi sceptique a raison. J’ai pas une tune, j’ai 3 anniversaires inratables prévus l’année prochaine, et en plus, je me tape déjà la honte quand je dis que je vais vivre dans un van avec des kangourous. Non c’est vrai, ça craint. Bon, on oublie tout ! Y’a quoi ce soir à la télé ?!

Celui qui va aller en Australie, lui, c’est bien autre chose. Celui-la regarde son moi sceptique entre 4 yeux, ne le lâche pas du regard un quart de seconde, les épaules hautes, l’air défiant, et lui dit :
Écoute-moi bien petite merde (vous noterez la mise en position d’infériorité de votre moi sceptique). Le truc le plus aventureux que j’ai fait est peut-être le manège à grandes sensations Flashdance à la fête foraine de Trouville-les-Oies. Mes vacances d’Indiana Jones se résument à faire des châteaux de sable sur les plages bondées de la Méditerranée. Je n’ai jamais loupé une seule douche de ma vie depuis que j’ai 13 ans (avant, je n’aimais pas me doucher, comme tous les gosses). Manger de l’andouillette est déjà trop exotique pour moi (vous êtes d’accord!). Mais, mais, MAIS… je vais quand même le faire et prouver à tous ces petits cons que MOI AUSSI, j’en suis capable.

Et POF ! C’est là où vous savez que vous faites partie de la future statistique des 20 000 français qui partent en Australie chaque année. Comme il se trouve que j’ai pas mal d’ego… I’m in !

voyager un an en australie

3 mois et 27 jours avant de partir voyager un an en Australie : suit le lapin blanc

Bon, une fois que Mr Moi sceptique est mis K.O., c’est le moment de sauter dans le grand bain de la préparation du voyage. S’enchaînent des semaines où pour ainsi dire, je mange Australie, je dors Australie, je lis Australie, je vis Australie… La lutte continue.

La semaine, ma vie oscille entre mon boulot de 9h à 18h et un petit-boulot de serveuse de 19h à 23h. Je mets consciencieusement mes pourboires dans un petit cochon (whou, à coup de 10€ la soirée, j’ai de l’espoir !).
J’envoie discrètement des mails du boulot à Janine de la Poste pour le suivi de Courrier, à Robert des impôts pour le changement d’adresse, mon préavis à Mr le propriétaire de mon appart. Ma TO DO list est magique. Je la remplis tous les jours, et pour chaque mention barrée, 3 nouvelles tâches apparaissent. Dobby, sort de cette liste !

Le week-end, bien évidemment, interdiction formelle de sortir, au risque de dépenser un malheureux euro gagné durement à servir de la choucroute. Et en plus de ne pas avoir de vie sociale, mon week-end est ennuyeux à mourir ! Rédaction des lettres de résiliation du téléphone, d’Internet, de ma démission (super gloops).

Ah si ! Il y a truc qui te raccroche à la vie le week-end : les rendez-vous chez le médecin. Spécial big up à mon gynéco et à la pharmacienne qui m’ont ruiné 2 week-ends pour rien.
L’objet du crime : la pilule. La mission: essayer de récupérer un an de pilule en une fois à la pharmacie alors qu’ils ne veulent pas. Et même si tu leur expliques que tu pars un an à 15 000 bornes, ils ne veulent toujours pas. Du coup, tu retournes chez le gynéco pour qu’elle marque en gros, en rouge et surligné sur l’ordonnance que c’est « à délivrer en une fois ». Et malgré ça, la pharmacienne te regarde toujours d’un œil sceptique (il est de retour celui-là).

Autre moment de sociabilisation le week-end : les ventes sur Le Bon coin.
Bah oui, tous les moyens sont bons pour se faire un peu de sous. Et puis accessoirement parce que j’ai juste une 106 pour déménager mes affaires à 800 bornes chez mes parents et que le lit, il rentre pas (ah bon?).
Donc cela permet de rencontrer plein de gens intéressants… Comme par exemple Simone qui n’est pas passé à 16h comme prévu mais à minuit, n’a pas pensé à prendre un tournevis pour démonter le meuble, et souffre d’arthrose à la jambe gauche. Oh, après tout, pour 10€ la table en fer forgé (les 4 chaises sont cadeaux!), je peux bien lui descendre les 2 étages et lui mettre dans le coffre de sa voiture.

Pfou, ça mériterait bien d’aller se faire un petit cinoche pour se féliciter d’avoir été aussi efficace ! Mais non, tu économises… Ça sera donc plateau repas devant la série Gossip Girl que ta copine t’as prêtée en DVD, avec les gnocchis sans beurre achetés chez Grand Frais. Parce que Grand Frais, ils acceptent d’être payé en intégralité en ticket resto. Yes !

voyager un an en australie

1 mois avant de partir voyager un an en Australie : je suis au fond du terrier

Je regarde le plafond. Je suis allongée dans mon lit, dans la position funéraire de Toutankhamon et je regarde le plafond, l’œil vitreux… Hier, j’ai quitté mon boulot (enfin, les 2 du coup). Tout le monde m’a souhaité un super voyage. J’ai souris. Je n’ai pas osé leur dire que si j’étais contente de partir, c’est surtout parce que j’en avais marre de ces dernières semaines à bouffer l’Australie sur Le Bon Coin et sans beurre. Pour le reste, je ne réalise encore pas du tout.

Dans 6 jours, je déménage. Dans 7, c’est le jour de l’an. 2014 commence enfin, avec son lot de… néant ! Aucune idée de ce qui m’attend. Je sors officiellement de la société classique, je n’ai plus de travail, je reviens chez mes parents, mes projets sont « je vais vivre dans un van en Australie »… et je regarde le plafond. Ai-je fait le bon choix ???

 

3h avant de partir voyager un an en Australie: C’est le moment de prendre la pilule rouge…

Et nous revoici au Terminal 1, CDG, 10h, mercredi 22 janvier 2014. J’ai quitté ma mère les yeux bouffis à la gare d’Aix-en-Provence, mon père m’encourageant une dernière fois. Les potes ont fait péter le champagne avant le départ. Je ne peux plus reculer maintenant.
Je ne suis pas encore partie, j’ai la trouille, je suis seule. J’erre comme une âme en peine dans les Duty Free. Je suis déjà considérée comme un cas social pour certains. « Nasta ? Tu parles de la fille qui a pétée une pile et qui est partie en Australie vivre comme une hippie dans un van ? ».

Et pourtant, à ce moment précis, un petit sentiment tout nouveau vient poindre le bout de son nez et toquer à la porte de mon cœur. Comme une légèreté infime dans mes poumons, un vide plutôt rassurant dans le ventre, peut-être même comme un soupçon d’égoïsme dans le tête. Je ne suis pas encore bien sûre de moi mais je crois bien que mon nouveau visiteur s’appelle… Liberté.
A moi l’Australie !

Je compte sur vous pour partager avec le plus grand nombre ce début d’histoire si elle vous plaît :) Plus on est de fou dans ce voyage, plus on rit.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

About Nastasya Kotnarovsky

Fondatrice du blog, Nastasya fait partie de ces personnes qui ont les pieds sur terre, mais surtout la tête dans les étoiles. Après un début de carrière en marketing, elle décide de tout plaquer pour commencer une vie trépidante, faite de voyages et de rêves qui deviennent réalité. Parce qu'on n'a qu'une vie !

You May Also Like

3 comments on “LE JOUR OÙ J’AI DÉCIDÉ DE PARTIR VOYAGER UN AN EN AUSTRALIE…

  1. 1 mars 2016 at 16 h 32 min

    La façon dont tu raconte ton histoire est très drôle. Je m’y retrouve un peu sur la peur grandissante jour après jour à l’approche du départ. La peur également de se retrouver à l’autre bout du monde en galère d’argent. Au final, le plus dur à été les 20 premières minutes d’avion, après c’était que du fun. A oé, le retour aussi à été très très dur lol.

    • 1 mars 2016 at 23 h 31 min

      Haha, merci Flo, t’es adorable !! Et ça résume exactement ce que j’ai vécu également. LA trouille 20 minutes à l’aéroport, 14 mois de fun et de folie malgré les pires merdes, et un retour de voyage… très compliqué à gérer. Avec une copine, c’est ce qu’on dit toujours: en fait, le plus dur dans le voyage, c’est le retour lol !

      • 1 mars 2016 at 23 h 36 min

        Et oui, le retour puis les mois qui viennent juste après aussi. Je suis rentré d’Australie il y a un an et j’ai encore du mal à m’en remettre lol.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *