pianiste londonien
,

CE JOUR OÙ J’AI DONNÉ MON 07 À UN PIANISTE LONDONIEN

Je ne sais pas vraiment ce qui m’a pris, mais je l’ai fait. Comme si la petite voix de la Folie avait pris contrôle de ma tête pendant quelques minutes (bon, c’est souvent plus long que ça…). Et voilà comment je me retrouve à donner mon numéro de téléphone à un pianiste londonien jouant dans la rue, alors que je me dirigeais tout bonnement vers mon travail.

pianiste londonien

Comme tous les jours pour me rendre au restaurant où je bosse, j’emprunte la Central Line et m’arrête à Liverpool Street. A la sortie du métro, au moment de me jeter sous les roues d’un bus à impériale (comme d’habitude, puisque je ne comprends toujours pas d’où ils arrivent, ceux-là), j’entends la mélodie d’un piano qui résonne sur la place. Je me retourne et cherche d’où peut venir cette superbe mélodie. En plus, cela joue une adaptation de Someone like you de Adèle. J’adore, je m’arrête…

 

Je reviens sur mes pas, regarde au travers des kiosques à journaux et voit enfin la source de tout ça : un petit pianiste qui joue tranquillement et passionnément au milieu des badauds pressés d’aller au travail.
Les gens passent, filent souvent une pièce et s’arrêtent plus rarement. Je trouve l’idée tellement sympa de pouvoir entendre un peu de piano avant d’aller au boulot que je commence à fouiller dans mon sac pour trouver une pièce.

 

J’ai encore 10 minutes avant de courir au travail, je décide donc de faire durer un peu le plaisir et de m’adosser à un kiosque le temps d’une ou deux autres musiques. Le pianiste remarque que je suis l’une des rares personnes à m’arrêter pour écouter, comme une groupie en devenir. En plus, j’ai eu la bonne idée de mettre un manteau rouge aujourd’hui. Autant dire que dans la grisaille londonienne, il m’a repéré… Vive la discrétion.

 

Enfin, un petit sourire se dessine sur son visage quand il jette un rapide second coup d’œil dans ma direction. Je le prends pour moi. Je me dis qu’il doit être content que quelqu’un l’écoute un peu quoi ! Finalement, il a quand même son petit charme ce pianiste… C’est courageux de se lancer à jouer devant la foule, sachant que tout le monde court à 100 à l’heure et que personne ne fait vraiment attention. Faut une sacrée force morale, hein ?! Moi, je me mettrais à pleurer si tout le monde s’en foutait comme ça. Dans le style: écoutez-moi, ouiiiiiin !!

Mais il est dans sa bulle, à fond dans ses partitions qui défilent par cœur dans sa tête. Il es mimi quand même…

 

Et voilà que la petite voix de la Folie se pointe : et si tu lui filais ton numéro ??
Quoi ?? Jamais de la vie, la honte. Le cliché de la gonzesse qui file son numéro à l’artiste du jour, surtout pas.
Ouais, mais avoue que ça te ferais quand même marrer de lui donner, juste pour voir. Pour le fun !

Après tout, ça pourrait être drôle. Et même s’il ne te rappelle jamais, tu pourras dire que tu l’as fait. No regrets !
C’est pas faux. (Ma petite voix folie sait comment me parler…). Ok, je me lance !

La musique se termine. Je m’élance vers lui, mets la pièce dans la boîte et me plante droite comme un piquet devant son piano, un petit sticker rose fluo sur lequel j’ai écrit mon numéro à la va vite avec un smiley à la main. Ri-di-cule… Je me demande ce que je fous là finalement, mais il est trop tard.

Évidemment, c’est dans ces moments là que l’anglais se tarabiscote dans ma tête. Je produis une phase avec tant bien que mal les bons mots, mais sûrement pas dans le bon ordre, pour dire : « bon, voilà, j’aime bien ce que tu joues alors j’ai décidé de te donner mon numéro de téléphone ».

Petit oiseau de manga qui passe derrière ma tête pour dire « mouic mouic, moment de solitude » !!!! Bon, pour sauver mon ego, disons que j’ai baragouiné un truc un peu plus intelligent que ça. Je crois que j’ai même fait un trait d’humour mais bon… toujours est-il que : «mouic moui,  moment de solitude » !!!

Il prend mon papier, reste un peu dubitatif, relève la tête, me sourit et dit : « How about a coffee ? » (traduction express pour Mozou : On pourrait aller prendre un café).

OK. Whaou, il ne m’a pas envoyé ch***. En même temps, c’est peut-être juste pas politesse donc je ne m’emballe pas. J’acquiesce avec un sourire niais, il me dit qu’il m’appelle et je pars littéralement en courant au travail. S’il m’a vu courir, c’est sûr que c’est mort, il ne m’appellera pas…

Mais ma petite voix de la Folie avait raison, vent ou pas, je suis trop contente d’avoir eu le courage de lui donner mon numéro. Je me marre toute seule à l’idée de la situation, je trouve ça un peu grisant. Bref, c’est fou ce qu’un petit challenge personnel relevé peut vous faire sentir léger et sur-puissant pour le reste de la journée.

La journée de boulot passe (lentement), je n’ai vraiment pas envie de bosser aujourd’hui. 17 h, l’heure de la délivrance, arrive enfin. Je me dirige vers Liverpool Street Station pour prendre le métro. A mesure que je m’approche, je ne peux m’empêcher de me demander s’il est toujours là. Mais bon, sept heures plus tard, il y a très peu de chance. Je me conditionne donc pour me dire qu’il ne sera pas là, histoire de ne pas être déçue (en fait, quoi qu’il arrive, je le serais quand même mais bon, c’est pour faire genre). Et là, à 50 mètres de la bouche de métro, j’entends… un piano !

 

Haha, monsieur est toujours là ?! C’est dingue. Je m’approche. Et c’est bien ça, il a bougé de place mais il est toujours là, à jouer dans sa bulle. Quelle endurance !

Le moment de la question fatidique arrive. Que fais-je ? Je trace parce que je ne veux pas être de nouveau la groupie qui écoute (et qui, en plus, lui a filé son numéro de téléphone le matin même). Ou je tente de l’écouter à nouveau, cachée derrière un pilier (ce qui craint vraiment si je me fais remarquer…). Timide chronique ou groupie…?

Je tranche finalement pour l’attitude de « la fille trop bien sans ses baskets qui s’adosse tranquillement à un pilier pour écouter un mec qui joue du piano dans la rue ». Au moins, je ferais un peu illusion pour les badauds, c’est un début.

Le pianiste relève la tête. Mon manteau rouge me trahit encore une fois. Il me repère… et fait une petite pichenette avec la tête à l’air de dire, je t’ai repéré, attends. Gloops, ok, que va-t-il se passer… ? Il termine son morceau (avec une fausse note au passage, haha, l’aurais-je troublé ?!). Il se lève et court vers moi.

Il se plante devant moi (il est plus grand que je ne pensais, finalement) et me dit d’un air un peu penaud : « Je suis vraiment désolé, j’ai bougé dans beaucoup d’endroits aujourd’hui et je me suis rendu compte que j’avais perdu ton numéro de téléphone ».

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Analyse à chaud : aïe, il s’en fout donc… Jouer la fille détachée.

Je lui réponds donc : « c’est pas grave, tu sais, je ne veux pas te forcer, c’était juste comme ça ». (Haha, mon ego saigne…).

« Non non, pas du tout. En fait, je suis revenu ici en fin de journée dans l’espoir que tu repasserais par là après ta journée de boulot. Pour te le redemander ».

Inutile de préciser son petit sourire gêné en coin trop craquant. Et là, on dit quoi les filles ??

 

En off bien sûr hein. On garde le masque de la fille détachée.

« En fait, je n’ai plus de téléphone. Donc est-ce que tu pourrais me donner ton mail à la place ? ». Oh, et en plus il joue le mec un peu rétro qui vit sans téléphone…

Évidemment, je lui donne, tout cela se déroulant sous les yeux des badauds qui s’étaient quand même un peu arrêtés pour écouter le pianiste. Et ouais les meufs, c’est à moi que le pianiste demande son 07. Enfin… son Hotmail. Et toc !

pianiste londonien

Et maintenant, vous allez me demander : alors, vous l’avez pris ce café ? Héhé, ce sera peut-être pour un prochain post ! En attendant, leçon du jour : toujours écouter sa petite voix de la Folie. Elle peut réserver de jolies surprises…

Donner mon numéro à un pianiste londonien dans la rue : CHECK !

Crédit photo 1 : pianoaroundlondon

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

About Nastasya Kotnarovsky

Fondatrice du blog, Nastasya fait partie de ces personnes qui ont les pieds sur terre, mais surtout la tête dans les étoiles. Après un début de carrière en marketing, elle décide de tout plaquer pour commencer une vie trépidante, faite de voyages et de rêves qui deviennent réalité. Parce qu'on n'a qu'une vie !

You May Also Like

9 comments on “CE JOUR OÙ J’AI DONNÉ MON 07 À UN PIANISTE LONDONIEN

  1. 12 février 2016 at 13 h 53 min

    Top….. ;-)

  2. 12 février 2016 at 17 h 20 min

    Ah ah trop fort. Moi je suis trop timide pour ça, donc j’ai pas de petite voix de folie. En tous cas, si vous avez pris ce café ça fera très film romantique ;) hâte de savoir ce qu’il en est ( j’espère que vous l’avez pris).

  3. 14 février 2016 at 10 h 22 min

    Ahaha maintenant j’ai saisi le WhatsApp !! Hehe well done ma poulette!!! Gros bisous

  4. 14 février 2016 at 12 h 39 min

    ☺️

  5. 14 février 2016 at 21 h 29 min

    Olololo le niveau mignonitude de cette anecdote !
    Hâte de lire la suite, et hâte de lire d’autres aventures guidées par la petite voix de folie :D

    • 15 février 2016 at 12 h 41 min

      Haha, c’est mignon tout plein, hein ?! ;D Je vais essayer de conserver ça (je crois qu’elle est dans mon code ADN de toute manière, c’est foutu…)

  6. 16 février 2016 at 17 h 56 min

    Ahahah j’adore !! Recit super mignon, tu as eu bien raison d’ecouter ta voix de la Folie :D Mais du coup, vous l’avez pris ce café ^_^ ?

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *