dignité en Australie
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AUJOURD’HUI, J’AI PERDU MA DIGNITÉ EN AUSTRALIE (ET OUI…)

Je n’oublierai jamais ce jour où j’ai perdu ma dignité en Australie. Où j’ai vu 4 visages atterrés derrière leur vitre de voiture me regarder, fixement et sans vraiment broncher. Alors que je me tenais derrière un baril rouillé, accroupie et les fesses à l’air. Oui, vous avez bien lu. Mon popotin absolument à l’air et à la vue de tous. Sauf que je croyais justement être tranquille là où j’étais. Et bien non. Ce qui se passe en Australie… reste en Australie (ou pas) !

 

road trip dans le centre rouge en Australie

Cela faisait bien 4 heures que nous roulions dans le centre rouge au fin fond de l’Australie. La température est à crever. Un truc comme 48 °C (vous avez vu, c’est précis, je suis comme ça, moi. Et puis les chiffres ronds, ça fait toujours moins crédible…).

Toujours est-il qu’il était vraiment temps de faire une pause pour ne pas péter un câble après autant d’heures de route à ne rien voir, absolument rien. Nous sommes sur la Barkly Highway, en direction de Cairns. Et là, je confirme, c’est le néant !

La pause pipi s’impose, ce qui permettra aussi d’irriguer le cerveau avec du sang à nouveau, et de ne pas tuer quelqu’un au passage. Je suis avec deux petites allemandes (je dis « petites », car ce sont des jeunettes) et un pote (de moins en moins « pote » au fur et à mesure que le voyage avance)…

 

La pause s’impose…

Dès que nous sommes arrêtés, mes deux petites blondinettes courent main dans la main dans le champ en face pour faire pipi côté à côte. Une pratique que je n’ai jamais bien comprise mais bon. Je ne savais pas encore à cette heure que n’arriverais à dépasser les appréhensions et mon zèle de pudeur (si j’avais su)…! (À LIRE : Ce jour où j’ai dû tester le pipi collectif en Australie)

Toujours est-il que mon pote se barre de l’autre côté; Et qu’il ne le reste plus beaucoup d’options pour se planquer. Sans compter que nous sommes au milieu du bush. Que toute vie végétale est morte depuis les derniers 1 200 km et que les plantes les plus vivaces poussent à l’horizontal sur le poussière, comme un corps desséché qui dirait « de l’eau, please » ! Et quand ça culmine à 2 cm d’altitude, on est dans le jardin  d’Éden. L’environnement idéal pour se soulager loin de tout regard indiscret, donc !

 

dignité en Australie

Ce qui compense, c’est que la densité du bush australien est de 1 habitant par 10 hectares, ça me laisse un peu de répit, hors de mes colocs de voyage…

Et heureusement, on peut compter sur les poubelles du bush, des grands barils rouillés de bien 1 mètre de haut. Comme ils doivent être ramassés tous les deux ans (voire jamais, puisque les kangourous s’occupent du recyclage), ils en mettent deux et les rangers sont tranquilles pour longtemps. Alors, c’est ni plus ni moins qu’un paravent de princesse qui m’attend pour accueillir mon pipi sacré. Hourra !

Je pousse même le vice jusqu’à me mettre de l’autre côté des barils, côté route, à l’abri du regard de mes colocs (sinon, quel intérêt) ?

 

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Je défais vite fait ma combinaison une pièce.

Ce n’est qu’un bout de tissu mou qui fait short et top en même temps. Donc je descends ça vite fait bien fait comme un bon vieux pyjama une pièce pilou pilou (avouez qu’on toute eu ça, les filles)… En y repensant, ça devrait être interdit, ces trucs.

Toujours est-il que voilà le tableau : moi, accroupie derrière des barils-poubelles rouillés en fin fond du bush australien, la combinaison en bas des jambes, absolument à poil à part un soutien-gorge (je me demande bien comment celui-là à résisté au laisser-aller du style « road trip en Australie »…? ). Et le popotin côté route.

Un détail qui ne devrait avoir absolument aucune importance, sauf que… J’entends un bruit de moteur. J’ai tellement oublié le son que ça fait que je ne calcule même pas. Et ma petite commission est déjà en cours.

Le bruit s’intensifie. Mon cerveau, embrumé par les 48 degrés ambiants et la chaleur réverbérée par les barils, passe quand même en mode automatique. Analyse rapide = bruit de moteur. (C’est le max qu’il pouvait faire à ce moment là).

 

dignité en Australie

Je me retourne (enfin, la tête, le reste est occupé à tenir la position)… Et me retrouve nez à nez avec quatre visages collés contre les vitres d’une berline, un chouia estomaqués, un chouia stoïques. Je ne saurais que dire.

Inutile de parler de ma face à moi : le vide intersidéral, probablement.

Bien, il semblerait que quatre personnes viennent de me voir dans un moment d’intimité des plus totales, nue et avec un angle sur mon fessier… plutôt lunaire. C’est le moment de rester digne.

J’ai remonté ma combinaison  (en pensant sérieusement au fait de la jeter à mon retour). Je suis rentrée dans la voiture et j’ai repris la route comme si de rien n’était. Face aux situations les plus gênantes, j’ai trouvé que le déni restait encore la meilleure réaction à avoir.

Perdre ma dignité en Australie dans le bush : check !

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About Nastasya Kotnarovsky

Fondatrice du blog, Nastasya fait partie de ces personnes qui ont les pieds sur terre, mais surtout la tête dans les étoiles. Après un début de carrière en marketing, elle décide de tout plaquer pour commencer une vie trépidante, faite de voyages et de rêves qui deviennent réalité. Parce qu'on n'a qu'une vie !

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17 comments on “AUJOURD’HUI, J’AI PERDU MA DIGNITÉ EN AUSTRALIE (ET OUI…)

  1. 20 juin 2017 at 16 h 08 min

    Suis mort :D

  2. 20 juin 2017 at 16 h 30 min

    Très bien, tu es prête pour la Chine ! Au Tibet Oriental, en tous cas, les toilettes consistent en un simple mur derrière lequel des trous sont alignés dans le sol et chacun fait ce qu’il a faire côte à côte avec les inconnus du coin qui sont également dans le besoin. Sachant qu’il n’y a pas de toilettes privées, même en ville, tout le monde va déféquer à 3 pâté de maison. Y’a donc souvent du monde, et niveau hygiène on est au top…
    Ça fait drôle au départ puis on s’y fait, et on fini même par faire la causette pendant la besogne :)
    Je te raconte pas la scène par contre quand tu change ton tampon et que personne n’a jamais vu ça là-haut et regarde bien en détail ce qui se passe là dedans :)
    La « dignité » c’est juste une question de culture finalement…

    • 21 juin 2017 at 6 h 21 min

      Roh c’est chaud quand même waouh j’ai encore un peu de boulot pour en arriver là lol

  3. 20 juin 2017 at 17 h 05 min

    Pas surpris du tout mais alors pas du tout

    • 21 juin 2017 at 6 h 21 min

      ah bon ? Cette histoire me ressemble, comment je dois le prendre ??? Mwouhaha !!

  4. 20 juin 2017 at 20 h 03 min

    Haha tu m’as tuée Nastasya ! Ce n’est vraiment qu’à toi qu’il arrive des trucs comme ça

    • 21 juin 2017 at 6 h 22 min

      J’avoue, l’ironie du sort doit m’avoir à la bonne !!

  5. 21 juin 2017 at 12 h 09 min

    Ha ha, j’adore !! J’imagine trop la situation…! ;o)
    Les combinaisons une pièce, j’ai jamais tenté pour cette raison. En plus j’ai abandonné les soutifs (que je zappais souvent l’été déjà) depuis mon opération de l’épaule en octobre, alors ça serait encore plus « à poil »…

    • 24 juin 2017 at 18 h 34 min

      Mwouhaha ah ouais, là, ça aurait été la totale ! Pfou, c’est vrai que j’ai bannis ces merdes de ma garde-robe, pratique, mais trop dangereuses ^^

  6. 21 juin 2017 at 16 h 50 min

    Récemment, après deux heures de pédalage, j’ai fait pipi derrière une haie. Pas le choix quand il n’y a rien d’autre aux alentours qu’une route et une piste cyclable…

    Ce n’est qu’en me relevant que je me suis aperçue que les haies n’avaient pas de branches en bas et que toutes les voitures qui passaient par là avaient vu mes fesses (et il y en avait quelques unes…).

    Je peux comprendre ta gêne haha. Fort heureusement, je n’ai pas croisé le regard de ceux qui ont vu mon popotin ^^

  7. 23 juin 2017 at 9 h 45 min

    Ha ha aha !

    Alors en sachant ça: aurais tu préféré faire pipi collectif dans le champs ou pisser seule aux yeux de tous :-D

    • 24 juin 2017 at 18 h 32 min

      Mais cela reste la grande question pour le coup ! Comme quoi, faire pipi en Australie, c’est vraiment jamais commun mwouhaha!!! J’ai plus kiffé le pipi collectif, je l’avoue ! ;D

  8. 6 juillet 2017 at 18 h 28 min

    Ah mais quelle crise de fou-rire à cette lecture! Pardon pour votre dignité offensée (apparemment elle s’en est remise!) mais qu’est ce que j’ai ri!

    • 19 juillet 2017 at 13 h 51 min

      Mwouhaha ça va je m’en suis bien remise en effet. Vu ce qui m’arrive à longueur de temps il faut bien que l’avance haha ^^ Mais trop contente de savoir que cela n’a pas servi à rien haha !!!

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