Fitzgerald River
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COMMENT J’AI FAILLI CREVER À FITZGERALD RIVER NATIONAL PARK

Fin prête pour une journée resplendissante dans mon road trip sur la Côte Ouest de l’Australie. Aujourd’hui, je m’attaque au parc national de Fitzgerald River ! Si l’on en croit les guides, c’est considéré comme un véritable bijou du Western Australia, de part sa biodiversité sans nom d’abord et de part ses paysages à couper le souffle ensuite. Autrement dit, cela sonne SU-PER bien ! Oui, enfin, ça, c’était en théorie. La pratique, maintenant…

Fitzgerald River

Règle n°1 : croire sur parole les indications des guides de tourisme

« En voiture ordinaire, abandonnez l’idée de rejoindre Esperance par cette route ».

Voilà ce que j’ai lu ce matin au petit-déjeuner en me préparant à traverser le parc national de Fitzgerald river pour rejoindre Esperance. Sauf que je suis encore une petite débutante. Et que ce genre d’indication, je m’en contrecarre le ciboulot.
Mon van n’est pas une voiture ordinaire de toute manière, c’est Pumba, mon fidèle destrier ! Donc, tout va bien se passer (moui-moui-moui, bruit des petits oiseaux excédés qui passent derrière ma tête de manga). En bonne nana tenace (têtue ? Non…!), je me suis dit que j’allais vérifier moi-même pour avoir la réponse… et j’ai donc décidé de traverser le parc en van.

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Règle n°2 : faire connaissance de loin avec les « dirt road »

Pour ceux qui ne sont pas familiers des expressions australiennes utilisées pendant un road trip, sachez qu’il y a un terme régulièrement usité par les Australiens, « dirt road », et dont la traduction littérale signifie « route sale ». Comprendre : « route non bitumée, donc à vos risques et périls concernant son état ».

Et bien c’est exactement le genre de routes qui traverse le magnifique parc national de Fitzgerald River. Et quand on conduit un van, c’est la merde !

Je reviens à mon entrée triomphante dans le parc. Le début de la route est magnifiquement bitumé, donc pas d’inquiétude. J’arrive aux panneaux d’informations des rangers, qui mentionnent les routes ouvertes ou fermées dans le parc. Coup de chance : celle que je veux prendre est ouverte et rien ne mentionne l’usage express de 4×4. Conclusion : en avant ! (mon positivisme me fatigue, parfois…).

 

Règle n°3 : se méfier du calme avant la tempête

Le début de la route est plutôt bien. Malgré le début de la piste à un certain moment, c’est régulier. J’arrive même à atteindre des records de vitesse de 60 km/h ! Tout va bien, je suis la reine du monde. Un émeu croise la route. Un lézard géant se dore la pilule au soleil, les oiseaux chantent, la vie est belle !

Et puis…

…ça se détériore légèrement.

Les premières vaguelettes se dessinent sur la route, faisant trembler mon van comme une boite de conserve dans un jeu de chamboule-tout. Mais je m’accroche. Je sers sur le bord de la route, là où c’est moins abîmé. On ne va pas me la faire à moi, hey ! Je continue, ça se calme. Je traverse plusieurs fois des tronçons de route vraiment « dirty ».
La technique est de trouver la vitesse idéale : ni trop lente, sinon, les pneus s’enfoncent inexorablement dans chaque creux de la route et c’est la crevaison assurée, ni trop vite, sinon le van n’adhère plus à la route et on se croirait en aquaplaning sur du sable. Top ! Bref, le temps commence à devenir long…

Fitzgerald River

Règle n°4 : se méfier de la notion du temps en Australie

Déjà une heure que je roule, je ne devrais pas tarder à sortir du parc… Je m’accroche !
Au bout d’une heure et demie de route, à une moyenne de 20 km/h, j’arrive à un panneau et je me dit : « Victoire, c’est la fin !!! ». Le panneau est une double-flèche. La première indique la direction d’où je viens : 33 km (ah, 33 km en 1 h 30, ah oui, tout de même…). Mais bon, ce n’est pas grave, c’est la fin :)

L’autre flèche indique la direction où je veux arriver, à l’opposé : 35 km. Méga gloops…
Mon moral est déjà bien entamé et ce p*** de panneau m’annonce que je n’ai fait que la moitié du chemin !?! Dilemme : OU je fais demi-tour et je sais déjà ce qui m’attend, c’est-à-dire de la route bien pourrie OU je continue en n’ayant aucune idée de ce qui m’attend.
Après réflexion, je choisis la deuxième option : la surprise !

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Règle n°5 : Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’alu !

Et bah les surprises n’ont pas toujours que du bon…!!!! La route est toujours aussi pourrie, voire pire. Ce n’est plus seulement des vaguelettes, mais également des tas de pierres qui pourraient crever les pneus ou péter ma boite de vitesse ! Ma tête est en décomposition. Je décide de prendre une photo dans le cas où j’y passerai, histoire que mes parents gardent un dernier souvenir ému de moi (vois la tête de l’émotion !!).

Des panneaux jaunes apparaissent sur le bord de la route, mentionnant “CREST”. Aucune idée de ce que cela veut dire, mais à ce stade, je n’ai surtout pas envie de savoir. Pour peu qu’il m’informe d’un risque d’éboulement ou que sais-je quelle autre “australiennerie”, je ne veux pas savoir !

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Pour info, la jauge d’essence est au plus bas depuis la veille, donc je dois faire le plein au jerrycan. Si je tiens l’abrutie qui a inventé les jerrycans de 20 L qui pèsent aussi lourd que moi une fois remplis, je le trucide.
Je vous passe la pause-pipi en plein milieu de la route parce qu’après avoir vu un serpent gros comme mon bras traverser la piste, j’ai préféré me soulager avec une vue dégagée sur ce qui se passait autour de mon popotin. L’avantage, c’est que je n’ai pas été gênée par la circulation et les regards voyeurs. Ça ne risquait pas : quatre p*** d’heures sans voir âme qui vive !!!

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Règle n°6 : les miracles finissent toujours par arriver

Hallelujah ! Le béton ! Mon béton chéri, tout gris, tout puant et presque fondu par le soleil ! Oui, le bitume, le goudron, oui oui oui !!!! Merci ! La fin du calvaire. Et même une récompense à la fin : West Beach, une plage de rêve, qui m’a semblé la septième merveille du monde (on s’en rapproche honnêtement !). On va dire que j’étais “légèrement” soulagée… Légèrement !
Pfou ! Que d’émotion…

Résultat des courses :
– Pas de balades magiques à pied dans le parc (trop pressée de sortir…).
– Pas vu les 1500 espèces d’animaux vivant en paix (enfin, j’ai quand même vu un émeu, un serpent, un mix hérisson/porc-épic et un gros lézard, c’est un début).
– 48 plantes écrasées par le van sur le bord de la route, dont 14 endémiques
– 4 h de pure frayeur, avec une presque-tandinite au poignet à force de tenir le volant comme une folle
– Premier plein d’essence au jerrycan (et j’espère le dernier pour un moment, car les doigts de pied qui puent l’essence, merci !)
– Premier pipi en plein milieu de la route sans rien pour me cacher (peut-être pas le dernier, j’ai l’impression)

Fitzgerald River

Et c’est déjà pas mal, merci le parc national de Fitzgerald River, on s’en rappellera !!
Well, maintenant que j’en suis sortie et que j’ai survécu, je ne regrette rien (noooooooon, je ne regrette rrrrrien…!!!) . Mais sur le coup, mon pouvoir de conviction a été quelques peu entamé peut-être…. Traduction : MON DIEU, C’ÉTAIT HORRIBLE !!!! Heureusement, ce qui m’attend à Esperance devrait être beaucoup plus tranquille. Enfin, normalement !

Manquer de crever dans le parc national de Fitzgerald River : CHECK !

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About Nastasya Kotnarovsky

Fondatrice du blog, Nastasya fait partie de ces personnes qui ont les pieds sur terre, mais surtout la tête dans les étoiles. Après un début de carrière en marketing, elle décide de tout plaquer pour commencer une vie trépidante, faite de voyages et de rêves qui deviennent réalité. Parce qu'on n'a qu'une vie !

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2 comments on “COMMENT J’AI FAILLI CREVER À FITZGERALD RIVER NATIONAL PARK

  1. 5 août 2016 at 12 h 43 min

    Salut, c’est un echidné le porc épic/herisson :) Bonne route Christelle

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