un burger
,

AUJOURD’HUI, UN BURGER M’A COÛTÉ 1 000 $

Et oui ! On ne rigole pas avec les lois dans le Sud-Ouest de l’Australie. Cela partait d’un bon principe pourtant. Accablés par les privations culinaires du road trip, mes 3 potes de voyage et moi avions décidé d’instaurer une tradition : le happy sunday !
Tous les dimanches soir, c’est la fête. On se prépare psychologiquement avant la reprise du boulot (ou tout simplement d’une nouvelle semaine de road trip, ça fonctionne aussi). On s’octroie un repas de porc !! Tout ce qui ressemble à des pâtes, de la sauce tomate, du pain de mie blanc et du thon est proscrit ! Chouette !!!!!!

Enfin, c’était sans compter sur les lois du Sud-Ouest de l’Australie donc…burger couté 1000 dollars (3)

21h30 : arrivée au pub du coin

J’aurais même envie de dire, le seul pub du coin car nous sommes dans une bourgade d’environ 300 habitants je pense. Le Happy sunday du jour, ce sera un gros burger bien dégoulinant, et avec tout ce qui peut se faire d’ingrédients sur terre. UN-BIG-BURGER ! Can’t wait !
Nous sommes 6 personnes (on a récupéré un couple de backpackers au passage). On attend gentiment dans le hall que quelqu’un daigne nous saluer. Car il n’y a quand même pas beaucoup de vie dans ce bar pour un dimanche soir à 21h30…

Une dame qui débarque de derrière le bar s’approche enfin de nous. Pour nous dire qu’ils ne servent plus (quoi?), qu’ils ferment (hein??), et que notre seule maigre chance de manger encore se trouve dans un autre pub à 200 mètres en bas de la rue (pfou, mais on a faim!!!!). On demande s’ils font des burgers. Elle n’est pas sûre… Cela sent le coup fourré, moi je dis.

Mais bon, il faut tenter le tout pour le tout maintenant. Ni une ni deux, on saute tous dans le van, les 5 à l’arrière et Nico au siège conducteur. GO !

Ce sont des gyrophares cette lumière bleue ?

Nous n’avons pas fait 100 mètres que Nico murmure : « Euh les mecs, y’a une bagnole de flic de l’autre côté de la route, ne bougez surtout pas ».
Oh bah quand même, il faudrait vraiment qu’on ait pas de chance pour qu’ils nous arrêtent…

Oui.

Sauf quand on a un chauffeur qui s’appelle Nico, qui n’a pas mis sa ceinture de sécurité, et qui trouve bon d’essayer de la mettre en passant devant la bagnole de flics.

Nous croisons la voiture en contre-sens. Elle s’éloigne. Soulagement. Elle semble freiner. T’es sûr ? Elle freine. T’as raison. Elle fait demi-tour. Ça pue. Elle nous suit. Ça pue vraiment !

Opération commando: trouver les ceintures de sécurité planquées sous nos fesses. S’en suit une espèce de danse tribale à l’arrière du van, ponctuée de « tes fesses sont sur ma ceinture », « je ne trouve pas l’attache » et « c’est coincé !!!! ».

Vous noterez au passage que sur 2 garçons et 3 filles à l’arrière, les 3 filles ont réussi à s’attacher, les 2 gars non (et je n’ose pas parler du conducteur). Ah, quand les chiffres parlent d’eux-même…burger couté 1000 dollars (2)

Arrêtez le véhicule s’il vous plaît (enfin, stop the vehicule please… mate!)

Gloops. Il reste les 2 mecs sans ceinture, on est dans la mouise. Le policier toque à la porte arrière du van. Dans un sursaut de lucidité (ouais, ne me remerciez pas, smack « je m’aime »), je dis à Fabrice de sortir par la porte latérale pour ouvrir aux flics. Comme ça, pas de preuve qu’il n’a pas la ceinture (ah, malin hein?!).

Ouverture de la porte arrière, lumière bleue clignotante dans la tronche, van surchargé, j’ai l’impression de faire partie d’un convoi illégal d’immigrants qui vient de se faire choper par les gardes-frontières. Oh, j’ai un visa !
Le policier commence à enchaîner dans un anglais australien en bonne et due forme. Autant dire qu’il pourrait nous parler de la pluie, du beau temps, de taule ou de petit poussin jaune qu’on en aurait aucune stricte idée. Le ton est cassant cependant. J’élimine les petits poussins jaune.

Après un bon quart d’heure de discours moralisateur que je tente tant bien que mal de traduire à mes acolytes (et ouais, I am the bilingue ici), sans parler des remarques assez désobligeantes à l’encontre de notre espèce de pouilleux que sont les backpackers , le flic sort un petit papier.
Aïe, amende, pas bien…

Résultat des courses : 1 000 $ d’amende

Non mais, parce qu’en plus de se faire engueuler comme des gamins de 5 ans, on va se faire aligner comme des habitants de Dubai !
C’est 500 $ par tête pour les 2 gars qui n’étaient pas attachés. Et encore, il nous fait une fleur car le conducteur doit normalement payer 500 $ pour lui + 500 $ par passager non attaché. Pour bien imprimer qu’ils sont sous sa responsabilité. Ah bah là, on imprime pas de problème… Merci pour la ristourne, c’est en l’honneur du happy sunday c’est ça?

Mais le mieux dans l’histoire, c’est que monsieur Gros c*** devient soudain… disons prévenant.
– Et sinon, vous travaillez ? dit-il en remplissant son petit papier rose.
Bah… non. Enfin, moi oui, je bosse en tant que serveuse. Mais mes amis cherchent du boulot dans les fermes et c’est très compliqué pour en trouver.
Ah oui, je comprends. Et la vie est chère en Australie…

Ah bon ducon? (en off, je vous l’accorde)

– Si vous voulez, je connais une ferme de fraises un peu plus loin. Je peux vous y guider maintenant si vous voulez, dit-il en tendant son petit papier rose avec 3 zéros.

Comment te dire ? Il est 22h, on a l’estomac dans les talons, il fait nuit noire, on vient de se prendre 1000$ dans la tronche grâce à toi, et tu voudrais encore nous escorter jusqu’à une ferme de fraise avec les gyrophares?! WTF ?!

Adieu les happy sunday

Finissons-en. On s’est divisé la facture. Nous avons tous réglé 170$ par personne au bureau de poste du coin.
On a abolit la tradition du happy sunday. Je me suis mise aux pommes-de-terre pour varier des pâtes. Et le dimanche soir, je jeûne.

Payer un burger 1000$ : CHECK !

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

About Nastasya Kotnarovsky

Fondatrice du blog, Nastasya fait partie de ces personnes qui ont les pieds sur terre, mais surtout la tête dans les étoiles. Après un début de carrière en marketing, elle décide de tout plaquer pour commencer une vie trépidante, faite de voyages et de rêves qui deviennent réalité. Parce qu'on n'a qu'une vie !

You May Also Like

5 comments on “AUJOURD’HUI, UN BURGER M’A COÛTÉ 1 000 $

  1. 30 novembre 2015 at 12 h 04 min

    Pas cooooool :-( Il parait qu’ils sont bien chiants les flics en Australie. Glups en effet, ça fait cher le burger !

  2. 28 décembre 2015 at 14 h 33 min

    C’est moche de rire du malheur des autres, mais c’est bien raconté que c’est pas facile de ne pas rire !

    Et du coup, la ferme aux fraises ce fut un bon plan ou non ? ^^

  3. 26 avril 2016 at 13 h 11 min

    Nan mais 1,000 $ c’est raisonnable pour un Burger, le «Glamburger» du Honky Tonk à Londres vaut 1,400 € :-p

    Vous n’avez vraiment pas eu de chance parce que, perso, je n’ai pas souvenir avoir croisé la moindre voiture de police sur les routes australiennes !

    • 1400 € pour une burger ??? Non mais sans déconner… Et bien c’est parce que tu n’as pas voyagé avec moi et ma scoumoune légendaire (t’as raté un truc, je te jure) ;)

Leave a Reply